Développement web : Le hotfix du garagiste qui coûte 1800 €

Jean-Pierre possède une voiture.

Un matin, il remarque une petite flaque sous le moteur. Rien d’alarmant, pense-t-il, jusqu’à ce qu’il repère un tuyau fissuré sur le circuit de refroidissement.

Il se rend donc chez son garagiste, qui lui explique qu’il faut remplacer la durite. Ce n’est pas une pièce très chère en soi, mais elle est mal placée et difficile d’accès. Il faut donc démonter plusieurs éléments dans la baie moteur, ce qui fait grimper le devis à 350 €.

Jean-Pierre trouve la somme exagérée. Tout ça pour un tuyau ?

Le week-end suivant, il fait appel à son ami Michel, bricoleur du dimanche, pour tenter de trouver une solution moins coûteuse. Michel observe la fuite, nettoie la zone et applique un ruban isolant haute température.

Après un petit billet glissé dans sa poche, il le rassure : “Là, ça devrait tenir un moment. Mais fais changer la durite dès que tu peux.”

Et de fait, tout va bien. Pendant un mois, la voiture roule sans souci, le niveau du liquide reste stable. Jean-Pierre reprend confiance, au point de partir en vacances d’été avec sa voiture.

Mais voilà qu’après 200 km sur l’autoroute A10, les voyants rouges s’enchaînent, la température grimpe, la fumée monte, le moteur tousse. Jean-Pierre serre les dents et se rabat sur la bande d’urgence.
Une fois la voiture remorquée au garage, le verdict tombe : la durite est hors d’usage et, pire encore, la surchauffe a endommagé le joint de culasse. Résultat : la réparation de 350 € se transforme en une facture de 1 800 €.

Ce que cette histoire raconte vraiment

« Parfois, on n’a pas d’autre choix que de faire un correctif provisoire. Mais le danger, c’est d’oublier que ce correctif n’est qu’un pansement. »

L’histoire de Jean-Pierre illustre parfaitement ce qui se joue dans beaucoup de projets web. Face à un problème, il existe souvent deux chemins possibles : celui de la réparation rapide et celui de la solution durable.

Repenser proprement, même si c’est plus long

Dans un projet web, une “solution propre” consiste parfois à repenser complètement un module, à réécrire une partie du code ou à revoir l’architecture pour éviter que le problème ne revienne.

C’est plus long, plus coûteux à court terme, mais c’est ce qui garantit la stabilité et l’évolutivité du projet.

C’est un peu comme changer la durite : l’intervention demande du temps, notamment pour déposer certaines pièces lors du remplacement, mais une fois faite, on sait que cette réparation est durable.

Le correctif rapide, utile mais à manier avec prudence

À l’inverse, il existe des moments où le “coup de scotch” est nécessaire. Jean-Pierre aurait très bien pu en avoir besoin pour rentrer chez lui ou honorer un rendez-vous important avant la vraie réparation.

Dans le web, c’est pareil : une panne critique, une faille de sécurité, une contrainte budgétaire temporaire… Parfois, on n’a pas d’autre choix que de faire un correctif provisoire. Mais le danger, c’est d’oublier que ce correctif n’est qu’un pansement. Quand tout semble fonctionner à nouveau, la tentation est grande de se dire : “C’est bon, on verra plus tard.”

Et c’est là que les ennuis commencent : la solution rapide devient permanente, au risque de fragiliser toute la plateforme. Certaines solutions temporaires peuvent même avoir des conséquences immédiates et graves sur la sécurité ou la fiabilité d’un système. On ne refixe pas un volant avec du scotch, tout comme on ne résout pas un bug de gestion des droits en ouvrant les accès à tous les utilisateurs.

« La pédagogie, c’est expliquer. L’accompagnement, c’est permettre de choisir en comprenant vraiment les enjeux. Et l’un ne va jamais sans l’autre. »

Le rôle clé de la pédagogie et de l’accompagnement

Dans l’histoire, Jean-Pierre n’est pas forcément fautif.
S’il avait compris que la pression, la chaleur et les vibrations finiraient par faire céder sa réparation, il aurait probablement agi différemment. Mais son garagiste ne lui avait pas expliqué pourquoi le scotch ne tiendrait pas, ni ce que cela impliquait vraiment en cas de surchauffe.

Jean-Pierre, face à un devis qu’il jugeait excessif, aurait sans doute mieux accepté le coût de l’intervention s’il avait compris que le remplacement de cette durite nécessitait la dépose de plusieurs pièces à cause de son accès difficile.
Une simple explication aurait pu changer sa perception du problème et renforcer la confiance.

C’est là qu’intervient la pédagogie : prendre le temps d’expliquer les choix techniques, les risques, et les alternatives possibles.
L’accompagnement, ensuite, consiste à transformer cette compréhension en décisions éclairées, sans jamais laisser le client avancer à l’aveugle.

Un bon prestataire pourrait dire par exemple :

« On peut réparer provisoirement pour que tout fonctionne à nouveau, mais je vous recontacte dans une semaine pour planifier la vraie intervention. »

Ce suivi, cette clarté, c’est ce qui installe la confiance et évite les mauvaises surprises.

Comment se traduit un bon accompagnement

Dans les projets web, cet accompagnement se manifeste de plusieurs manières concrètes :

  • Partager le diagnostic plutôt que de le garder pour soi : montrer le “pourquoi” derrière la recommandation technique.

  • Mettre en perspective les options possibles, avec leurs avantages et leurs risques à court et long terme.

  • Être transparent sur les coûts : expliquer ce qui prend du temps, ce qui est complexe, et ce qui pourrait être fait différemment.

  • Préparer la suite, même après une intervention d’urgence : planifier la correction durable, et ne pas laisser la rustine devenir la norme.

En réalité, un bon prestataire ne se définit pas seulement par la qualité de son code ou la vitesse d’exécution, mais par sa capacité à rendre ses choix compréhensibles pour ceux qui ne sont pas du métier.
C’est ce qui transforme une prestation technique en véritable collaboration.

En conclusion

Il n’existe pas de solution parfaite.
La solution pérenne n’est pas toujours compatible avec l’urgence,
et la solution temporaire peut devenir un risque si elle perdure.

Mais un projet bien accompagné, expliqué avec clarté et transparence,
permet de faire les bons choix au bon moment, sans subir les conséquences d’un « pansement » mal compris.

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Jérémie Quinson développeur web chez Comète Factory

À propos de l'auteur :

Avec plus de 15 ans d’expérience, Jérémie Quinson est un développeur web expérimenté, reconnu pour son expertise dans la création de projets digitaux d’envergure. Au-delà de ses compétences techniques, il apporte une vision stratégique, innovante et orientée résultats, optimisant chaque solution pour assurer performance et fiabilité.